Renaud H-fantômes-Haras-Du-Pin-histoire-basse-normandie
Le Pin semble renaitre doucement d'un long et douloureux sommeil. De nombreuses tentatives de réanimation paraissent avoir redonné un semblant de vie au géant endormi. Le poul bat de nouveau, faible mais régulier. On a eu peur à un moment que le beau domaine devienne une cour de récréation sans surveillance, un bateau sans capitaine.
Pourtant le Pin ce fut cela:
un domaine formidable de 1200 hectares. des centaines de chevaux et autant d'hommes et de femmes dévoués à la cause de l'animal. Le Pin, est un lieu mémorable, un site de recueillement pour ceux qui attachent un peu d'importance aux symboles d'une histoire dont nous sommes tous les héritiers.
Quand, enfants, on a eu la chance de grandir dans un tel cadre, il est normal et presque légitime de se soucier du devenir d'un tel symbole. On apprenait à cirer nos chaussures comme nos pères savaient si bien cirer leurs bottes d'équitation. On arpentait des allées multicentenaires en refaisant le monde, on péchait la grenouille dans les mares du domaine comme d'autres vont à la péche à la sardine. On gambadait heureux et libres ! Un luxe.
Le Haras du Pin, c'était un Monde dans le monde.
Pas de linge pendu aux fenêtres et mansardes, pas de paraboles tournées vers le Sud, pas de fils électriques visibles. En bref, un monde sophistiqué tant il était aseptisé de tous les éléments polluants que l'on combat aujourd'hui. Il n'y a pas à dire, le Haras du Pin est une île, une échappée belle, un mythe... et si ça continue, il ne sera plus qu'un vague souvenir. Ramené à une existence de cirque par nécessité pécuniaire. Quel décadence, quel désastre! Le Roi Soleil doit se retourner dans sa tombe. Mais ne baissons pas les bras. Peut être devons nous accepter ce douloureux virage... encore faudra-t-il ne pas se retrouver dans le décor. Il est louable de reconnaître le mérite de ceux qui se retroussent les manches pour sauver le navire.
Renaud H


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