Renaud Hadef. Apologie du cigare, ou comment aider les cubains à s'en sortir !


Le cigare. Tout un symbole dans l'esprit de certains, alors qu'il n'est qu'une gourmandise pour ceux qui en apprécient la consommation. Le cigare est un produit radicalement différent de la cigarette: son prix, sa qualité pur tabac, sa difficulté à le fumer n'importe où, ses arômes qui le rendent équivalent à un produit de grande dégustation comme le Cognac par exemple, et la tradition qui entoure les gestes liés à sa fabrication et sa préparation. Il s'agit là d'une sorte de rituel, une mise en train avant de passer à la dégustation. Ces quelques points en font un produit à part. Son tarif est un véritable frein à sa consommation, mais c'est aussi cette consommation réfléchie qui en fait un produit intéressant et très recherché par ses aficionados. Si demain on mangeait de la truffe à toutes les sauces, on finirait par en être écœuré. Si on fume 5 ou 6 Huppmann Havana nº5 par jour on obtient le même effet de rejet. Concernant la fumée, la sacro-sainte fumée qui déplaît tant à beaucoup (et ils ont raison de demander à respirer un air pur) alors je leur conseille de cesser d'utiliser leurs parfums, d'arrêter de nous enfumer le week-end avec des odeurs de barbecue, de rouler en voiture électrique, de baisser le son de leur musique, d'élever correctement leurs gosses et leurs chiens, et d'arrêter de se plaindre pour un oui ou pour un non, d'arrêter de bruler des cierges et de l'encens, de stopper l'usage de la bombe désodorisante de leurs toilettes ! Fumeur de cigares depuis plus de 25 ans, je ne baisserai pas la garde devant un groupuscule de chialeurs qui ne savent tellement pas quoi fiche de leur journée qu'ils prétendent se mettre à sauver la planète en empêchant les gens de s'adonner à leurs plaisirs, estimant que seul le leur est satisfaisant. La plupart de ces empécheurs de tourner en rond, sont, à n'en pas douter, des fumeurs de pétards, des allumés de la came qui carburent avec une herbe qui les emporte loin de leurs responsabilités quotidiennes. Ils fuient ! Ils décollent, comme ils disent, et ne se soucient pas dans ces moments de dérives, si la fumée incommode ou pas ! Pire, ces soixante-huitard attardés, refilent leurs vices sans vergogne à leur progéniture. Ils défilent main dans la main, les jours de manifs, avec les écolos et les défenseurs des droits de l'homme. Elle n'est pas belle notre société ! Lorsque j'ai découvert le plaisir (le privilège, devrais-je dire) de fumer le cigare (on devrait dire Havane pour un tabac en provenance de Cuba) je vivais aux Antilles. Je côtoyais chaque jour ou presque, des rastas et ces gens là plantaient et cultivaient ce que beaucoup considèrent être un produit de très grande qualité. N'étant pas intéressé par le cannabis, je me suis contenté de Havanes "tombés par caisses entières" depuis quelques bateaux cabotant entre Cuba et Saint Martin. Porter un bon havane à la bouche c'est un vrai bonheur. Au contraire de la cigarette, la plupart du temps fumée machinalement et de manière irréfléchie, le Havane se hume, se sent, s'écoute crisser sous les doigts. On entame le fut délicatement, à l'aide d'une petite guillotine et on le porte aux lévres. On veille à ce que dans les alentours il n'y ait pas un membre du mouvement de libération des intoxiqués du cerveau, ou tout simplement quelqu'un avec qui on ne souhaite pas partager la moindre effluve d'un si bon tabac et on craque une allumette! Et là, c'est l'extase et on sait enfin pourquoi le monde existe. De tous ces gestes naîtra peut-être un cancer, un crabe vicelard qui ira se répandre dans un organisme que l'on dira trop "penché" vers le vice du tabac. Et alors ! Que l'on nous laisse vivre comme on l'entend, une fois pour toute. Je trouve plus affligeant pour notre société de devoir investir dans le sauvetage de crétins qui font l’ascension du Mont Blanc en tongues. Le monde est révulsé par la vie "misérable" des cubains. Cela fait 25 ans que je leur achète leur artisanat ! Alors soyons solidaires: fumons cubains !

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