Dans les méandres de la restauration Coco'ning Par Renaud Hadef

Il y avait un moment que je n'avais pas posé de mots sur ce blog. 
La vie réserve une foule de surprises à celui qui sait les provoquer. Pour cela, c'est simple: il suffit de se lever avant l'aube et d'apprécier chaque seconde comme si elles étaient les dernières à vivre. Provoquer les dieux et nouer des contacts sont aussi des préceptes à privilégier.  Tout ceci pour dire à quel point il est étonnant de se retrouver les deux pieds dans des souliers de directeur d'un restaurant, bar, guinguette, traiteur alors que l'appel des pinceaux ne semblait être que la seule et unique échappatoire. Mais, comme à mon habitude, je ne refuse jamais un embarquement pour l'inconnu.

Il y a un an jour pour jour je franchissais la frontière qui nous sépare de la vie et du reste. Là aussi il est question d'un voyage troublant, dérangeant, inquiétant et à la fois excitant. Le plus important est d'en revenir. Retrouvé comme mort sous une moto de plus de 200 kilos, le visage explosé, je dois, il paraît, mon salut à un gentil curieux qui a voulu savoir pourquoi ma moto circulait sur la berne les deux roues en l'air. Je n'ai aucun souvenir de tout ceci. En fait, ma mémoire a tout effacé 48 heures avant l'accident et les 5 jours qui ont suivi. Je me contente ici de raconter ce que l'on m'a expliqué. La gueule en sang, en train de mourir sur le bord d'une route de campagne, deux hommes sympathiques font tout ce qu'ils peuvent pour m'arracher aux griffes de la mort. Nous sommes un certain samedi de février, le 11 de l'année 2023 au sud du Portugal. Renaud Hadef, l'artiste, l'écrivain hédoniste et épris de liberté tire sa révérence. Plusieurs arrêts cardiaques, une impossibilité de me stabiliser suffisamment pour envisager de me transporter aux urgences de l'hôpital de Faro, obligera les secours à couper la route à la circulation pendant une heure trente. J'ai toujours fait parler de moi ! Je suis finalement évacué comme mort. Le lendemain matin on convoqué mon épouse a l'hôpital pour lui annoncer que je n'avais quasiment aucune chance de m'en tirer et que si finalement j'en réchappé, des séquelles psychologiques seraient envisageables compte tenu de mes nombreux arrêts cardiaques. Tout un sympathique schéma qui se dessinait à l'intention des vivants. 

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