Tant d'eau et tant d'indifférence.


 Les rivières du ciel sont ouvertes. Pluie abondante, humidité persistante... Il y a tant d'eau qui se perd, se disperse et s'évapore. Il faut actuellement bien peu de temps pour récupérer 200 à 300 litres d'eau sans effort. Et pourtant nous la regardons tomber sans réagir. Quel gâchis !

Étrange manière de penser. Nous passons beaucoup de temps à se lamenter sur les changements climatiques, évoquant sans vergogne les problèmes liés aux sécheresses, aux augmentations incontrôlables de la température moyenne ambiante et nous regardons innocemment l'eau qui ruisselle à nos pieds et file vers les cours d'eau qui l'emmènent à la mer. Alors il faut vraiment se poser la question : cette eau ne serait-elle pas plus utile en étant stockée pour servir nos intérêts en temps de sécheresse ? Nous sommes capables de stocker de l'électricité et nous ne serions pas en mesure de faire de même avec la ressource fondamentale qu'est l'eau ? Aberration ! À une période où nous nous questionnons sur le futur incertain de l'humanité, nous ne pouvons même pas se mettre d'accord sur la gestion de cette ressource essentielle qu'est l'eau. Basique, vitale, l'élément liquide est au cœur de nos existences et il en est même l'un des composants principaux. Sommes-nous sérieux lorsque l'on se pose au bord d'une rivière, d'un fleuve, béat d'admiration, saisi d'émotion devant tant d'eau se précipitant vers l'océan ? Est ce vraiment un comportement responsable de laisser nous filer entre les doigts ce dont la vie ne peut se passer ? 

L'écologie est importante si elle est raisonnée, réaliste et non utopiste. 

Notre monde exige du sang froid et un réalisme pragmatique si nous voulons sauver l'animal humain d'une fin décidément de plus en plus proche et inéluctable. Nous sommes en général très forts pour énumérer les effets générés par une catastrophe, mais trop peu soucieux de s'attaquer aux racines du mal. Nous sommes des experts en matière d'auto flagellation, juste histoire de se garantir bonne conscience aux yeux des autres, mais nous nous vautrons dans une certaine indifférence lorsque les décisions à prendre ébranlent notre petit confort. 

Dans nos moments de prise de conscience, nous crions "á bas le gâchis !" Puis, sans honte, nous nous asseyons pour contempler des milliards de mètres cubes d'eau filer inexorablement vers l'océan. Car l'écologie c'est quoi, si ce n'est avant tout prétendre défendre les intérêts de la nature en oubliant que l'humain n'en est qu'un ridicule et insignifiant composant. C'est l'homme qu'il faut adapter aux règles fondamentales de mère nature, pas l'inverse. Pourtant, est-ce d'une grande utilité d'arroser d'eau douce les océans ?


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